Justice: la CBC réclame 3 milliards à Bayero Fadil

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L’homme d’affaires avait un accord avec la banque qui a bien voulu éponger une partie de sa dette contre l’hypothèque d’un terrain. Mais ce dernier a revendu le bien à l’insu de la banque qui le somme désormais de régler sa créance initiale.

Est-on en train d’assister à l’écroulement du groupe Fadil ? Y a-t-il encore un capitaine dans le bateau ? Et si oui comment mène-t-il la barque au point de flirter ainsi avec le naufrage ? Ces questions sont loin d’être anodines si l’on en croit les récents développements autour de l’empire bâti par l’industriel El Hadj Fadii Abdoulaye Hassoumi (décédé en 1993) et aujourd’hui tenu par l’un de ses fils, Bayero Fadil.

Symbole de cette descente aux enfers, les scellés apposés en fin de semaine dernière par la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) sur les locaux de l’entreprise CCC, fleuron du groupe Fadil, au quartier Bassa à Douala. L’entreprise en charge de la gestion des pensions des retraités camerounais tenterait ainsi de recouvrer les quelques 800.000.000 Fcfa que lui doit le Groupe Fadil qui n’est rien moins que son partenaire d’affaires. Mais où va donc ce groupe Fadil ?

Bayero Fadil propose un arrangement

Pour comprendre ce dernier épisode, il faut remonter le temps et se plonger au cœur d’un litige encore plus profond qui implique avant tout la Commercial Bank- Cameroun (CBC). Déjà lourdement endetté du fait de choix de gestion pour le moins controversés, le Groupe Fadil par le truchement de son PCA Bayero Fadil, saisit la Commercial Bank- Cameroun courant mai 2015 pour lui proposer un arrangement.

Il en ressort qu’à titre personnel, Bayero Fadil a obtenu un crédit moyen terme d’un montant de 470.000.000 Fcfa courant 2013. De même, la Société Holding Shares Incorporated du Groupe Fadil dont il est le président du Conseil d’Administration, avait également obtenu un crédit d’un montant de 2.209.070.873 Fcfa en 2007.

Il faut trouver un moyen pour solder les comptés car la banque perd patience. A la demande de Fadil, CBC accepte alors d’abandonner une partie de sa créance et de ramener la dette totale à 1.150.000.000 Fcfa moyennant un acompte en espèce de 500.000.000 Fcfa et la formalisation d’une dation en paiement de l’immeuble objet du Titre Foncier N 3285/W pour le solde, soit 650.000.000 Fcfa.

Engagement non tenu

6 ans après l’offre de M. Fadil, l’évidence est qu’on est loin d’être sorti de ce litige. Beaucoup d’eau à couler sous le pont mais pas dans le sens souhaité. Le 20 avril 2020, la CBC revient à la charge en adressant une correspondance musclée à son client avec en objet ces quelques mots totalement explicites : « réglementée nos créances ».

« En réponse à notre courrier du 01 avril 2020, vous nous invitez à nous rapprocher de votre conseil juridique, afin de procéder à la dation en paiement au prix de la mercuriale », écrit d’emblée la banque avant de poursuivre sur un ton ferme.

« En retour nous voulons rappeler que l’acte de dation signé portant sur l’immeuble objet du titre foncier numéro 3285/Wouri d’une contenance superficielle de 10.212 m2 appartenant au Complexe Chimique Camerounais (CCC) précisait clairement en s,on paragraphe 5 du point portant sur les modalités d’apurement , que : « Au terme du délai d’un an, la Banque recouvrera sa liberté de transiger avec toute personne intéressée par l’acquisition de l’immeuble reçu en dation ».

Et la suite de la missive raisonne telle une sentence : « Il n’a été prévu nulle part l’ouverture de quelque autre négociation , comme vous semblez nous y inviter, en nous renvoyant à votre conseil- et aucune référence n’a été faite à quelque mercuriale comme évoque dans votre correspondance…

Ainsi, la Banque reprenant son droit en vertu de cette convention a entamé le processus de mutation en sa faveur aux fins de la revente de l’immeuble donné en dation, en exécution parfaite des termes de l’acte de dation conclu, en vue d’apurer les engagements correspondants dans nos livres ». conclut la CBC.

A l’insu de tous…

Éloignons-nous un temps du jargon juridique et résumons pour mieux comprendre. Bayero Fadil et le groupe Fadil était redevables de plus de 2, 7 milliards de Fcfa à la CBC. Fadil a fait une offre à la banque lui proposant de réduire sa dette à 1.150 milliards. En retour ce dernier s’engageait à payer 500.000.000 Fcfa et à solder le reste par la mise en hypothèque d’un de ses terrains. Sauf que à échéance la banque n’a pas pu rentrer en possession du titre foncier relatif audit terrain situé au quartier Mballa II à Yaoundé et appartenant à la CCC. Et pourquoi donc ?

 Bayero Fadil très endetté  Simplement parce que Bayero est malin comme Tantale. Nos sources indiquent qu’il a réussi à vendre ce terrain (pourtant en hypothèque) à un ministre de la République pour plus de 2 milliards de Fcfa.

La transaction n’est pourtant enregistrée qu’à 600.000.000 Fcfa et le reste de paiement se fait en espèces et dans le noir pour le compte de Bayero Fadil. Approché l’homme d’affaires refuse de livrer la moindre information sur le sujet et son entourage égraine frénétiquement la thèse du complot contre le groupe Fadil et son PCA.

Il est pourtant clair que Bayero Fadil a conduit cette dernière transaction (comme bien d’autres) sans en informer le moindre membre de, son conseil d’administration. Suffisant pour que la CNPS, actionnaire à CCC (fleuron du groupe Fadil) sorte de sa réserve pour apposer les scellés sur les locaux de la CCC à Bassa pour des impayés cumulant à 800.000.000 Fcfa.

Il faut payer

Suffisant pour que la CBC qui se sent doublement flouée sollicite le concours d’un cabinet d’avocats aux fins de rentrer dans ses frais.

« En dépit des facilités à vous accordées par la Banque, vous n’avez pas cru devoir remplir vos engagements à date… A ce jour, l’acte de dation en paiement n’a pas été authentifié par le notaire instrumentaire et par conséquent, l’immeuble dont il s’agit n’a pas été muté au profit de la Banque en apurement de votre dette, faute par vous d’avoir déposé le titre foncier concerné et pourvu aux frais correspondants conformément à l’accord des parties», écrit le cabinet d’avocats d’affaires Chazai + Partners dans une correspondance adressée au Président du Conseil d’Administration du groupe Fadil. Mohamadou Bayero Fadil et datée du 25 mai 2021.

 Bayero Fadil très endetté

« Ainsi notre cliente nous charge de vous signifier par la présente sa ferme volonté de procéder au recouvrement de l’intégralité de sa créance sans préjudice des dommages intérêts après dénonciation de la dation en paiement sus évoquée », conclut Chazai + Partners. En clair ce n’est plus 650.000.000 Fcfa mais bien les 2.7 milliards initiaux plus les intérêts que la CBC exige désormais de Bayero Fadil et de son groupe.

Source:https://www.camerounweb.com

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