En RDC, nouveau massacre de villageois en Ituri.

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Nouveau massacre de villageois en Ituri

Nouveau massacre de villageois en Ituri. Au moins trente personnes ont été tuées ce week-end dans une attaque imputée au groupe des Forces démocratiques alliées (ADF).

A la machette ou par balles, au moins trente villageois ont été tués ce week-end en Ituri, province du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) où sévit notamment le groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), accusé par la population de ce nouveau massacre.

« Le mouvement des rebelles a été signalé vendredi, mais il n’y a eu aucune action des militaires. Nous alertons, nous alertons, nous alertons… Nous ne savons quoi faire ! », a imploré Dieudonné Malangayi, responsable de la société civile de la collectivité (chefferie) de Walese Vonkutu.

Dès samedi soir, M. Malangayi avait fait savoir qu’au moins quatorze personnes avaient été tuées dans les collines de Tsani Tsani et Mapasana, autour du village de Luna Samboko, à la limite avec le Nord-Kivu. « Les rebelles ADF sont entrés le matin, ils ont opéré toute la journée », ajoutait-il. Selon lui, ils ont pillé maisons et boutiques et tué en masse, en majorité des agriculteurs.

Des milliers de morts depuis 2013

Les ADF étaient à l’origine des rebelles musulmans ougandais opposés au régime du président Yoweri Museveni et sont maintenant présentés par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale. Ils sont considérés comme le plus meurtrier des groupes armés qui sévissent dans l’est de la RDC, accusés de massacres de civils ayant fait des milliers de morts depuis 2013.

Augustin Muhindo Musavuli, « chef de bloc Kirara », dans le village voisin de Njanja, a participé aux recherches des corps et dit avoir lui-même vu dix-sept morts, tués pour la plupart à la machette, mais également par balles. Certains ont été égorgés, d’autres éventrés.

« On est parti dans la brousse avec les jeunes, accompagnés par des militaires », a-t-il témoigné, interrogé par téléphone depuis Bunia par le correspondant de l’AFP. « Nous avons transporté les corps sur des motos. Beaucoup de gens sont morts. Dans la parcelle de Bavon, nous avons retrouvé neuf corps. Bavon lui-même a été tué, sa femme et son enfant et d’autres ont été kidnappés », a-t-il ajouté, bouleversé.

De forts antagonismes entre communautés

Des corps ont été amenés à la morgue de l’hôpital général d’Eringeti, d’autres transportés à Mamove et Oicha, au Nord-Kivu, tout proche, précise M. Malangayi. « Nous en avons laissé d’autres à Maimoya », également au Nord-Kivu, ajoute M. Muhindo.

Au-delà de la présence croissante des ADF, actifs depuis plus longtemps au Nord-Kivu, l’Ituri est aussi marquée par de forts antagonismes entre ethnies locales. Entre 1999 et 2003, un conflit communautaire y avait fait des dizaines de milliers de morts. Des membres des communautés Lendu et Hema s’étaient entretués par milices interposées jusqu’à l’intervention en 2003 de la Force européenne Artémis, sous commandement français.

Après quelques années d’accalmie, les violences y sont réapparues en 2017, imputées à un groupe armé appelé Coopérative pour le développement du Congo (Codéco), qui prétend défendre les intérêts des Lendu. Ce groupe est aujourd’hui scindé en plusieurs factions rivales. Fin mai, plus de cinquante personnes avaient été tuées dans la région en une seule journée dans l’attaque de deux villages.

L’armée congolaise n’a pas communiqué sur ces nouvelles tueries dans le sud de l’Ituri. Mais elle a « tenu à informer » la population de la province, « plus particulièrement celle de Djugu », dans le nord, qu’elle avait tué trois rebelles Codéco et en avait blessé quatre autres lors d’une opération dans la zone de Kobu, selon une déclaration du lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des opérations militaires en Ituri.

 

 

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