À la Une: les dessous d’un coup d’État

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   « L’affrontement est bref mais meurtrier »  À la veille du putsch, Alpha Condé avait affirmé son intention de « desserrer le budget de l’armée », pour répondre ainsi à la grogne de certains haut gradés qui réclamaient notamment de nouvelles voitures de fonction.

En tout cas, dimanche, poursuit Jeune Afrique, « à la tête d’une colonne d’une cinquantaine de camions et de pick-up armés de mitrailleuses, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya fonce droit sur Kaloum, où il fait son entrée aux alentours de 8h du matin. Il a engagé dans l’aventure la quasi-totalité du Groupement des forces spéciales, soit 500 hommes environ, dont une partie, lourdement armée, prend position devant le camp Makambo pour bloquer toute sortie des renforts de la garde présidentielle, tandis que l’autre, dont l’unité spéciale 8602 entraînée par les Français et les Israéliens, se dirige sur Sékhoutouréya avec l’appui-feu d’un blindé et de plusieurs mortiers. (…) À l’extérieur, l’affrontement est bref mais meurtrier. Selon JA, une vingtaine de gardes présidentiels sont tués (…). Les putschistes s’emparent du président, à qui ils passent des menottes après l’avoir menacé (“Si vous bougez, on tire !“), puis le font descendre dans un salon du rez-de-chaussée où ils le filment et le photographient, à la fois sonné, désemparé et tout de colère contenue. Ces images, qui rappellent celles du couple Gbagbo hagard lors de sa capture en avril 2011, feront le tour du monde ».

Reste à connaître la suite… Et Jeune Afrique de s’interroger : « le lieutenant-colonel Doumbouya a-t-il agi parce qu’il sentait l’étau se resserrer autour de lui ? Et surtout, a-t-il agi seul ou sous influence ? Dans un pays encore très fortement marqué par les appartenances communautaires, le fait qu’il soit Malinké, comme 90% de ses hommes, explique en partie l’absence de réaction des partisans d’Alpha Condé et de son parti. C’est le troisième coup d’État réussi dans l’histoire de la Guinée après ceux de Lansana Conté et de Moussa Dadis Camara. Comme à chaque fois, les prisons s’ouvrent et la foule applaudit. Reste à connaître la suite, pointe Jeune Afrique, qui, comme on le sait, a souvent tendance à se solder par un désastre politique et économique tant il est évident que les militaires guinéens au pouvoir se sont toujours servis au lieu de servi

Pour l’instant, les putschistes ont le vent en poupe auprès de l’opinion guinéenne et des médias. Les médias guinéens qui, dans leur grande majorité, ont pris fait et cause pour les militaires et certains même conspuent l’ancien régime et la personne même d’Alpha Condé. En témoigne cette tribune publiée par le site Aminata,intitulée : « Alpha doit payer ! »

Sur le plan international, la Cédéao a suspendu la Guinée de ses organes de décision, sans évoquer dans l’immédiat de sanctions économiques. Une décision qui suscite l’ironie de la presse burkinabé : « que peut bien faire la pauvre Cédéao ? », s’interroge ainsi L’Observateur Paalga. « On n’a jamais vu des putschistes restituer le pouvoir sous la pression de ce qui est considéré à tort ou à raison comme un syndicat de chefs d’État. La dernière preuve en date, c’est le cas malien, où la Cédéao a payé au prix fort ses errements et son manque de fermeté. »

« L’organisation panafricaine a, une fois encore, raté le coche, dénonce pour sa part WakatSéra, oubliant son protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance. Une démocratie violée par Alpha Condé qui a constamment muselé son peuple et son opposition, verrouillant toutes les voies possibles à l’alternance par les urnes, réprimant, sans autre forme de procès, et dans le sang, toute manifestation contre son pouvoir. »

 

SOURCE:  https://www.rfi.fr/fr/podcasts

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